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Le surréalisme n’est pas mort... sa mysthique du monde extérieur est terriblement vivante... il devra bientôt s’appeller pour la commodité des historiens d’art : SURNATURALISME dont le manifeste pourrait tenir en trois mots... ressuciter la nature morte.


Simian, il y a des années, commençait un article où il exposait ses idées par cette phrase : « C’est à l’endroit même où les lettres se taisent que la peinture commence».
Il n’est pas besoin d’écrire pour présenter cette peinture. J’ai envie de m’arrêter là et de vous dire simplement : Regardez.
C’est de la peinture faite peinture : chaleureuse, lumineuse, sensuelle, j’ai envie de dire grandiose, souvent immobile. Des objets y prennent un poids éternel.

Simian insiste sur les dangers de la déviation littéraire pour les peintres « mais il faut tout de même savoir à quelle source culturelle l’imagination plastique peut puiser et enrichir : la magie autre nom de la force animique et cosmique, l’inconscient, la poésie».

Et encore : « Au sein d’une même tendance idéaliste et subjective s’affrontent deux plans créateurs de l’esprit : l’intellectuel et le sensible dont l’union fait les grandes époques. »

Simian, cite ensuite les grands artistes de la fin du XIXè et du début du XXè siècle comme ayant réuni cette synthèse : aboutissement de ces recherches dans le surréalisme et le cubisme. « Picasso plonge ses formes puissantes à la fois dans le cubisme et le surréalisme… » Nous arrivons ici à un moment important pour Simian : « Le Surréalisme n’est pas mort… Sa mystique du monde extérieur est terriblement vivante…
Il devra bientôt s’appeler pour la commodité des historiens d’art : surnaturalisme dont le manifeste pourrait tenir en trois mots : ressusciter la nature morte».

« L’homme devra se créer une sursensibilité. Il se mettra dans un « état d’illusion », où selon Novadis, c’est moins le sujet qui perçoit les objets que les objets qui viennent se percevoir dans le sujet ».

Le peintre retrouvera par les voies naturelles ce que Jacques Rivière disait « ce sombre et magique remous où les choses deviennent comme des êtres ».

Citations extraites d’un article écrit par Simian en 1942 dans la revue « Messages », intitulé « De la connaissance plastique ».